Les prix maximums des produits pétroliers sont intenables
Refuser les commandes/fermer les stations-service ou vendre à perte ?
À la suite de la guerre entre les États-Unis et Israël contre l'Iran, les prix des distillats moyens sur les marchés internationaux ont augmenté de plus d'un tiers depuis le début de cette semaine. En raison du fait que, lors du calcul des prix maximums ce matin, il a été constaté que le seuil des 7 jours n'a pas été dépassé pour le diesel et l'essence, les prix maximums des carburants ne seront pas augmentés demain (mercredi 4 mars). Un changement des prix maximums du diesel pourra donc être mis en place au plus tôt jeudi 5 mars prochain.
Brafco a rappelé aux signataires du Contrat programme que de nombreux négociants en combustibles, qui approvisionnent les consommateurs finaux, nous ont informés qu'ils ne peuvent actuellement acheter leurs produits auprès de leurs fournisseurs qu'à des prix supérieurs aux prix maximums officiels pour les produits concernés. Le même scénario se présente chez les exploitants de stations-service...
Une telle situation place le négociant en combustibles et l’exploitant de station-service face à un dilemme : soit respecter les prix maximums et vendre à perte, soit refuser les commandes et fermer les stations-service.
La première option (vendre à perte) n'est pas autorisée légalement en Belgique. L'alternative (refuser les commandes et fermer les stations-service) n'est en pratique pas une option, car personne ne souhaite laisser ses clients dans l'embarras.
Brafco a demandé aux signataires du Contrat programme ce que les négociants doivent faire dans une telle situation. Aucune réponse n'a encore été formulée à ce sujet et, selon nous, la probabilité qu'une réponse soit apportée est malheureusement nulle.
Brafco a également rappelé aux signataires du Contrat programme que la probabilité est très réelle que demain le fameux facteur K dans l'Annexe technique du Contrat programme dépasse 1,20, ce qui entraînerait une baisse artificielle des prix CIF (sur la base desquels sont calculés les prix maximaux officiels) (prix CIF ajustés), ce qui fera que les nouveaux prix maximums pour le consommateur seront inférieurs à ceux qui auraient été calculés selon la formule habituelle. En d'autres termes, une partie de l'augmentation des prix ne sera donc pas répercutée sur le prix au consommateur, mais sera supportée par le secteur, ce qui, en pratique, touche généralement et exclusivement le dernier maillon de la chaîne de distribution...
La dernière fois que le facteur K a dépassé 1,20, c'était en mars 2022, peu après l'invasion de l'Ukraine par la Russie. À ce moment-là, plusieurs exploitants de stations-service ont fermé leurs portes afin de limiter leurs pertes, car beaucoup d'entre eux perdaient plusieurs centimes d'euro par litre de carburant vendu... Une situation absolument intenable.
Brafco a donc demandé une nouvelle fois la suppression du facteur K et le remplacement du système de prix maximums par un système de prix indicatifs ou de prix conseillés, afin que les négociants en combustibles et les exploitants de stations-service puissent continuer à approvisionner les consommateurs sans en subir les conséquences financières.
A suivre…